L'écologie, un combat pour l'émancipation: Un livre militant pour agir

Publié le par regales.over-blog.com

764123L'auteur part d'un constat: la crise actuelle est une crise systémique et notamment une crise du capitalisme incapable de concilier le respect de l'environnement vue les dégradations qu'il génère et l'exigence de justice sociale. Ne nous laissons pas abuser par les vélléités conservatrices qui pullulent nous invitant à ne rien changer. On pense à ceux qui prétendent réguler le capitalisme débridé pour lui donner un visage social et humain ( Quelle farce!!). L'auteur dénonce ce capitalisme et sa logique mortifère et cupide par la recherche du profit et elle fustige un des fondements essentiels du système: le productivisme et notamment l'aveuglement de celui-ci qui impose une marchandisation de toutes les activités humaines en occultant l'environnement, le social et donc l'humain.

Ce productivisme, source d'aliénation à la sainte croissance et à la consommation, n'est donc nullement source de bien-être et d'amélioration de la qualité de vie. Ce brouillard idéologique qui enfume l'opinion publique doit être transpercé pour nous permettre d'accéder à un nouvel horizon, source d'émancipation. Il y a alors urgence à construire un nouveau rapport de force entre la sphère marchande prédatrice et la sphère publique redistributive par nature.

L'écologie et le social ( les inégalités croissantes et indécentes) sont 2 réalités inséparables et qui doivent se concilier dans un projet alternatif. On ne peut pas traiter la question en sacrifiant le social et donc l'humain. Il est aussi inconcevable de déconnecter la résolution des problèmes sociaux des individus dans la perspective angoissante d'une dégradation continue de la biosphère, condition de notre survie.

Après la gabegie du capitalisme à visage humain totalement dénonçable, l'auteur s'évertue à démystifier le capitalisme vert. L'illusion d'une croissance même verte dans un monde aux ressources naturelles finies relève soit de l'escroquerie intellectuelle soit du numéro de bonimenteur. Ceux qui prétendent faire de l'écologie sans s'attaquer aux racines du mal, le libéralisme et le productivisme, sont au mieux des benêts ou au pire des illuminés compromis. Le capitalisme vert c'est rester dans une idéologie marchande qui permet d'engrenger de nouveaux profits en remettant à plus tard la justice sociale, la redistribution des richesses et même l'environnement car ce n'est pas quelques délires de techno-scientistes azimutés qui seraient commercialisés qui peuvent être à la hauteur des enjeux.

Pour l'auteur, une écologie sociale et solidaire se doit d'être cohérente et quelle cohérence peut-on construire sur les idéaux libéraux de l'union européenne qui passe son temps à mettre en place le contraire de ce qu'elle préconise ( double discours honteux!!). Le refus de la construction d'une Europe libérale actuelle est la planche de salut de ceux qui veulent construire une véritable politique écologique.

L'auteur dénonce une pratique de la classe dirigeante scandaleuse: la vertu idéologique de l'oxymore c'est à dire passer son temps à associer 2 réalités ou 2 concepts contradictoires pour figer le débat, manipuler l'opinion et permettre surtout la perpétuation de pratiques nuisibles pour notre environnement. Croissance verte, agriculture raisonnée, voiture propre, capitalisme humain, autant d'oxymores qui nous dépossèdent de notre idéal démocratique par la confiscation d'un débat clarifiant les enjeux et informant les citoyens.

La responsabilité du politique est pleine et entière dans l'urgence de concilier la crise écologique et la crise sociale car s'aventurer à devoir faire un choix entre ces 2 défis serait une opération hasardeuse qui nous précipiterait plus vite dans le mur en risquant un chaos social prémisse à une réponse totalitaire et liberticide. Le bout du tunnel c'est l'assurance d'une transition vers la sortie du capitalisme vorace et la dénonciation d'un eurolibéralisme béat.arton2345-27945

La crise économique permet de relèguer au second plan la question écologique et de donner l'impression d'agir pour régler les problèmes sociaux. Mais, ce n'est rien là qu'une pantalonnade dont la classe au pouvoir a le secret car elle n'a pas le souci de réduire les inégalités sociales ou la pauvreté, elle ne pense qu'à maintenir ses privilèges. Pendant ce temps, l'environnement a beau jeu de se dégrader un peu plus puisqu' il est sacrifié sur l'autel de la relance de la croissance. L'urgence c'est bien de susciter un désir de changement, d'ouvrir le champ des possibles, de porter un projet altermondialiste qui veut briser le voile des illusions capitalistes. Refuser de cautionner l'exploitation marchande des individus et des écosystèmes pour enrichir des fortunés spécieux et cupides. Il faut donc proposer un projet aussi fort que le triptyque infernal capitalisme/production/consommation.

Il y a donc une décontamination idéologique à engager pour passer d'une société des biens à une société des liens. Ce déformatage culturel prendra du temps car la conso-dépendance est sévère et névrotique. Corinne Morel-Darleux évoque l'importance d'un cadre de société émancipateur pour que chacun puisse y construire de nouveaux rapports sociaux, de nouvelles richesses. L'écologie et donc un levier d'émancipation et un outil de dépassement du capitalisme et notamment de cette « logique d'accumulation qui épuise les 2 seules sources de tout richesse: la terre et le travailleur »

L'essai de Corinne Morel Darleux, recueil de différents discours prononcés dans des meetings, est un livre rafraîchissant par le militantisme engagé de son auteur et qui prouve encore une fois que les combats non menés sont forcément perdus.

 

Antony

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