TV lobotomie: la vérité scientifique sur les effets de la télévision de Michel Desmurget

Publié le par regales.over-blog.com

images-copie-2Surprise totale concernant cet ouvrage et les études scientifiques dont l'auteur se fait le relais. Ce livre se présente comme un recueil exhaustif des effets délétères de la télévision sur les cervelles maléables de nos bambins.Par curiosité et inquiétude de ce que j'allais découvrir, je décidais de m'y plonger et j'y ai découvert beaucoup de choses. Certaines que je soupçonnais, d'autres totalement inconnues qui font froid dans le dos. Ce livre est aussi un révélateur de nos faiblesses en tant qu'adulte à travers cette forme de complaisance cathodique teintée de schyzophrénie. Il nous interroge sur le rapport que nous entretenons avec la lucarne télévisuelle et sur la façon dont cet objet s'est emparé de notre espace familier et à colonisé notre imaginaire. L'auteur explique que nous avons tendance à nous focaliser sur le contenu en sous-estimant les effets de la durée d'exposition sur les cervelles de nos chers petits devant le dieu cathodique. Certains tentent de se rassurer en brandissant le contenu didactique de certaines émissions mais force est de constater que quelques perles pédagogiques ne rattrappent en rien un flot incessent de contenus apathiques visant à « offrir du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ». Il faut avouer que la télé peut se targuer d'un atout imparable pour le parent surmené par une marmaille agitée, il suffit d'une pression sur un bouton pour que s'installe un calme saisissant mais laissant supposer une captation mentale suspicieuse. La focalisation sur les contenus est trompeuse car bien des enfants regardent des émissions qui ne leur sont pas directement destinées mais qui ont reçues l'aval parental, caution subjective de la santé mentale de leur progéniture.

Le parent ( j'en suis un moi-même) brandit généralement un joker psycho-défensif, celui du déni de réalité en sous-estimant toujours le temps passé par leur progéniture devant le poste. Ainsi, une heure d'exposition télévisuelle déclarée par les parents correspond à 1 H35 de consommation réelle. De plus, le même parent sur-estime le temps moyen des autres enfants pour se rassurer et lui permettre de croire qu'il n'est pas comme le reste du troupeau téléphage. La télé compte surtout sur ses spectateurs dévoués pour la défendre car n'avez-vous jamais entendu quelqu'un prétendre que la télé ne fabrique pas des crétins tout de même. Bien sur que non mais elle réduit le champ des possibles de l'individu en lui volant du temps d'épanouissement et de construction mentale.Michel Desmurget établit un lien causal ,incontesté dans la communauté scientifique, entre exposition télévisuelle et performances scolaires. Il évoque pêle-mêle le formatage par le bas du contenu pour satisfaire à la logique du plus petit dénominateur commun (en gros une intelligence ras des paquerettes). 24217 big

Sur le plan biologique, la TV a un effet sur le temps et la qualité du sommeil perturbant ainsi le fonctionnement cognitif et au bout du compte les résultats scolaires. Il fustige le temps d'exposition devant l'autel cathodique qui se comporte à la fois comme un réducteur sournois des potentialités ( intelligence malmenée, faculté de lecture réduite, langage affecté, attention sacrifiée), un voleur de temps(chaque heure consacrée à la télé dépouille le temps consacré aux devoirs scolaires de 14 %) et j'ajouterai un briseur de l'imaginaire enfantin ( outil implacable pour annihiler l'imagination créatrice du bambin).

La télé a largement remplacé, dans l'espace loisir des gamins, le livre et son corrolaire le plaisir de lire. Le félon cathodique a la capacité d'effacer le goût de l'effort et l'envie de lire car elle installe dans l'inconscient enfantin l'idéal de l'immédiateté peu compatible avec l'apprentissage fastidieux de la lecture. Celle-ci est rencardée à un plaisir trop éloigné voir éculé. L'auteur fait référence à des études inquiétantes sur les troubles attentionnels liés à l'exposition au récépteur cathodique. Inquiétude somme toute légitime quand on sait que les fonctions d'apprentissage et de mémorisation sollicitées à l'école dépendent de l'attention. La structuration de la pensée, loin d'être sollicitée, se disloque sur les contenus méphitiques du mass média.

Le plus grave est, qu'en plus d'être un frein pernicieux à l'épanouissement optimal des fonctions cérébrales de l'enfant, le poste médiatique devient une limite au devenir scolaire, professionnel et social de cet être en construction.

Dans le chapitre suivant, l'auteur évoque les menaces sur la santé. Ce qui m'a le plus frappé est le lien entre l'exposition télévisuelle et le développement de l'obésité. 2 aspects sont relevés: la dépense énergétique et la prise alimentaire. Ainsi, l'usage du poste réduit le volume des activités motrices spontanées. En clair, un individu assis dans un fauteuil à ne rien faire s'agitera, mobilisera ses mains, change de position ceci entraîne alors une dépense de 210 Kcal alors qu'un individu en position amorphe devant le tube cathodique ne sera pas concerné par cette dépense du métabolisme de repos. Concernant les prises alimentaires, il est prouvé que l'on mange devant la TV des aliments de piètre qualité nutritionnelle en quantité plus importante. La télé a donc un effet insidueux sur la satiété. Enfin, l'environnement publicitaire façonne les préférences alimentaires de nos enfants. Miche Desmurget étaye son propos avec plusieurs études. une d'entre elles a retenu mon attention..

Elle montre que le matraquage publicitaire peut aller jusqu'à troubler les perceptions sensorielles. L'étude avec des enfants de 3 à 8 ans consistait à faire manger des nuggets et des frites identiques dans 2 emballages distincts. Une portion avec un emballage neutre et une avec le logo Mac-Do. Résultat 69 % des enfants préféraient les nuggets Mac-do aux nuggets anonymes alors que c'étaient les mêmes(sans commentaire!!).

arton115037e36Plus loin dans le livre, l'auteur évoque avec d'autres études un impact sur la violence. Certaines études montrent qu'une exposition à des contenus violents engendrent des comportements violents chez les enfants. On constate notamment un phénomene de désensibilisation à la violence. En clair, des images de violence récurrentes à la télé tendent à les banaliser légitimant ainsi les conduites violentes.

La chose est donc entendue nous congédions le Triste Navet Télévisuel (TNT) à la posternité. Nous n'étions pas dans ma famille de gros téléphages(encore une vaine tentative pour me soustraire au dévoreur spirituel médiatique) mais nous décidons en conscience pour nous et nos enfants que le vol de notre temps et de nos esprits n'a que trop duré. Nous tentons comme d'autres qui l'ont déjà fait, l'aventure du désencombrement de notre espace à la fois physique ( au diable l'aménagement de notre intérieur en fonction de ce triste invité) et cérébral pour préserver la santé mentale et l'épanouissement de nos enfants( « finie l'attitude bovine coprophage ») et pour s'ouvrir ainsi un nouvel horizon de possibilités comme réapprendre à s'occuper autrement, à repartager des moments avec ses enfants ( les emmener en promenade vélo à bord d'une cariole merci manu et bénou), à cuisiner des produits insolites pour découvrir de nouvelles saveurs (courge spaghetti!!!), à lire des ouvrages (sur les effets de la télé mais pas seulement) et une presse indépendante (si si il en existe encore une).

 

Antony

 

 

 

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